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“J’ai le mauvais œil… On m’a jeté un sort… Je suis habité par un djinn…” Avez-vous entendu parler de ces choses, ailleurs que dans les contes ? Dans l’exercice de votre profession, par exemple ? Peut-être avez-vous alors pensé “Superstitions… Croyances dépassées… Tout ça relève de la psychiatrie…”. Mais peut-être avez-vous soupçonné que les choses ne sont pas si simples, que le rejet des modes traditionnels de penser la maladie (et les autres troubles de l’existence) au nom de la modernité oublie que la façon dont une personne se sent malade (ou perturbée) est une indication importante pour le choix de son traitement. Ne voir en ces troubles que des catégories psychiatriques (hystérie, délire, psychose…) risque de mener à des réponses inadaptées voire destructrices pour la personne qui en souffre. Pour Qui?
Professionnels du secteur non-marchand, vous êtes en contact avec des personnes originaires de régions où les façons traditionnelles de penser et traiter certains troubles sont vivantes et partagées. Sans doute arrive-t-il alors que vous soyez confrontés à des situations déroutantes où il est question d’ensorcellement, de possession, de malédiction… Si vous pensez qu’une réponse pertinente requiert de considérer le système de pensée traditionnel avec respect et sérieux... Si vous pensez que se sentir bien entre deux mondes (celui de la modernité et celui de la tradition) demande des liens, des ponts, des traductions entre leurs différents systèmes de pensée… Si vous souhaitez pouvoir vous concerter avec des personnes, compétentes dans ce domaine, pour élargir ensemble le champ des hypothèses face à une situation particulière (interculturelle, ethnopsy, transculturelle) si vous souhaitez améliorer votre capacité générale à faire face à de telles situations… Vous avez des choses à faire avec l’asbl Entre Deux Mondes ! Avec Qui?
L’équipe d’Entre Deux Mondes est composée de professionnels du secteur non-marchand pour qui la prise en compte des systèmes de pensée traditionnels est importante pour élaborer, avec la personne, ce qui fait sens dans sa prise en charge. Selon nous, il importe d’imaginer des passerelles, des liens entre ceux-ci et le système de pensée moderne, afin d’élaborer ensemble des réponses concrètes et pertinentes aux situations qui peuvent être rencontrées dans le champ du travail social, de la santé mentale, de l’éducation et du secteur de la justice. Notre équipe pluraliste et transdisciplinaire, est composée de femmes et d’hommes d’origines (maghrébine, européenne, turque, africaine subsaharienne), de convictions (musulmane, chrétienne, juive, bouddhiste, laïque) et de compétences (éducateurs, anthropologues, assistants sociaux, médecins, médiateurs interculturels, psychologues, thérapeutes, philosophes et sociologues) diverses. Dans l’association, croyants et non-croyants dialoguent dans le respect mutuel et n’est interdit que de s’octroyer le monopole de la vérité. Comment?
Afin d’élaborer ensemble des réponses concrètes aux questions posées sur le terrain par la multiplicité des appartenances et l’intrication des mondes, elle crée ou participe à divers dispositifs où se négocient les appartenances plurielles : ● Elle organise un séminaire mensuel « Penser et agir entre les mondes » où se partagent compétences, expériences et informations, et où se débattent les manières de faire. Parmi les bassins culturels abordés, on trouve le Maghreb (Maroc, Algérie…), l’Amérique latine (Brésil, pays andins…), L’Afrique centrale (Congo, Gabon, Cameroun…), l’Afrique de l’Ouest (Sénégal…), toutes régions d’origine de communautés vivant à Bruxelles. ● Elle réalise des sensibilisations sur des thèmes comme l’ethnopsy, les approches interculturelles, l’effraction psychique, les recours aux soins traditionnels chez les migrants… pour les Bureaux d’Aide aux Victimes de la police, des Services de Prévention communaux, des Ecoles secondaires, des organismes de cohésion sociale, une association de médecins d’origine maghrébine, … ● Elle réalise des formations sur des thèmes liés à ses activités pour le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (CBAI), l’Institut de Formation Sociale (IFS, dans les sections « Spécialisation d’Intervenants psychosociaux auprès des populations migrantes », « Educateurs spécialisés en vie associative », « Intervenants en thérapie familiale et systémique », « Conseillers conjugaux et familiaux »), l’Institut de Formation en cours de Carrière (IFC, où il donne une formation sur « L’ethnopsychiatrie au service du travail des PMS ») , l’Union des Villes et Communes de Wallonie… ● Elle effectue des interventions, des concertations, des médiations, des supervisions, des « intervisions », comme auprès de l’équipe d’un Centre pour Mineurs étrangers non-accompagnés pour savoir comment réagir aux plaintes des pensionnaires soutenant que les locaux sont « hantés » ; comme auprès de l’équipe d’un Centre d’Accueil d’Urgence et de l’équipe d’un Centre d’Aide aux Usagers de Drogues pour faire face à des difficultés particulières liées aux cultures d’origine des bénéficiaires… ● Elle propose l’accès à un centre de documentation sur l’ethnopsy, l’islam, les guérisseurs traditionnels, le shamanisme, les drogues, et lancera prochainement un site internet… ● Elle participe à des évènements culturels comme une conférence lors de la semaine « Cinémasile » sur la psychiatrie et ses alternatives au Cinéma Nova, une exposition de photographies et une conférence précédant un concert de la confrérie des Hamadcha au Beurschouwburg, une conférence-débat suivant un concert de la confrérie des Gnawa à l’Espace Senghor ; et comme prochainement une exposition à Bruxelles sur la bande dessinée comme lien entre la Belgique et le Congo… ● Elle contribue à préparer et intervient dans des colloques, comme le Colloque « Quand le non-marchand rencontre la migration. Agencements d’appartenances » à l’IFS à Namur, comme le Forum « Santé, Cultures et Migrations » organisé par ITECO… ● Elle intervient dans des actions politiques comme la Caravanes des Femmes pour l’Application du Nouveau Code de la Famille au Maroc… ● Elle initie des réseaux associatifs, comme la plate-forme « Enracinements pluriels, agencements d’appartenances et actions sociale », ou y participe, comme au réseau « Migration et développement » avec entre autre MSF et ITECO. ● Elle participe à des dispositifs thérapeutiques transculturels, comme la consultation ethnopsy du Centre d’Ici et d’Ailleurs et la consultation ethnopsy de l’asbl Acanter… |
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